lundi, 26 juin 2006
LEGISLATIVES 2007
Interview exclusive d'Yves COUSSAIN qui confie sa volonté au journal l'Union Agricole de ne pas se représenter aux législatives de 2007 après 4 mandats de député,
"Deux candidats se sont déjà déclarés sur la circonscription d'Aurillac dans la perspective des élections législatives de juin 2007. A droite, François Vermande, conseiller général de Maurs, sans investiture pour l'instant, et Christiane Missègue sous les couleurs de l'UDF. A gauche, les militants socialistes ont quant à eux désignés la semaine dernière leur candidat entre deux prétendants : ils ont préféré Jacques Markarian, conseiller général de Jussac plutôt qu'Alain Calmette, maire d'Aurillac et Conseiller Général.
Bref, la campagne est lancée sans qu'on sache formellement si oui ou non le député sortant Yves COUSSAIN sollicitera un nouveau mandat. Il a accepté de nous donner la réponse à cette question :
L'Union : Vous êtes député de la circonscription d'Aurillac depuis 19 ans, soit quatre mandats. Allez-vous en solliciter un cinquième ?
Yves COUSSAIN : j'ai été effectivement élu quatre fois depuis 1988, à chaque fois face à René Souchon. J'ai siégé 19 ans à l'Assemblée Nationale, deux fois dans la majorité, deux fois dans l'opposition. Maintenant, je pense qu'il est temps de passer le relais. Mais passer le relais ne veut pas dire abandonner. Je veux participer activement à la désignation de mon successeur, être d'accord sur son choix, et pas simplement assister à mon enterrement politique auxquels certains ont tendance à à vouloir se précipiter.
L'Union : Qui pourrait être ce successeur ?
Yves COUSSAIN : Il faut d'abord que ce soit quelqu'un qui puisse gagner, et dont les convictions sont proches des miennes. Vincent Descoeur pourrait être celui-là. Mais puisque la mode est au changement en politique, ce pourrait être aussi une femme(*). Il ne faut pas oublier qu'Aurillac est une circonscription radicale, qui vote plutôt au centre.
L'Union : Vincent Descoeur serait donc disposé à postuler aux législatives ?
Yves COUSSAIN : Vous le savez, il ne s'est pas prononcé pour l'instant et je crois que sa décision n'est pas prise. Tout le monde se demande s'il va aller aux législatives plutôt qu'aux sénatoriales. Je pense quant à moi que le mandat de sénateur est plus cohérent avec celui de président du conseil général , parce qu'on n'est député que d'une moitié du département. Mais en même temps, j'aimerais qu'il soit mon successeur. C'est en tout cas à lui seul qu'appartient la décision.
L'Union : Pourquoi l'UMP tarde-t-elle tant à désigner son candidat ?
Yves COUSSAIN : Je trouve dommage qu'on veuille nous précipiter autant dans la désignation des candidats. Il y a un temps pour tout. Nous sommes encore à un an de l'élection, on ne connaît même pas les candidats à la présidentielle...Six mois de campagne, ça suffit d'autant que nous avons des dossiers importants à traiter au niveau national qu'il s'agisse de ceux de l'énergie, des OGM, du pari du désendettement de l'Etat.. . et on sait bien que les campagnes électorales ne sont pas propices aux décisions courageuses. On verra à la rentrée, ce sera bien assez tôt.
L'Union : Pensez-vous raccrocher de la politique au terme de votre mandat ?
Yves COUSSAIN : J'ai 62 ans, je me sens aussi en forme qu'il y a vingt ans, je ne vois donc pas prendre ma retraite, même si c'est sans doute trop tard pour se lancer dans une carrière. Je garderai une vie active, mais je pense que la politique ne sera plus mon activité principale.
Propos recueillis par Pascal Piganiol - L'Union du Cantal 21 juin 2006 -
* Yves Coussain pense sans la citer à Nicole Moissinac, conseillère municipale d'Aurillac, élus récemment présidente du parti radical auvergnat. Un parti adhérent de l'UMP et dont Yves Coussain est lui-meme adhérent depuis le début de l'année.
" LIBERE DU SOUCI D'ETRE REELU, J'AI FAIT PLUS LORS DE CETTE LEGISLATURE QU'AU COURS DE MES TROIS AUTRES PREMIERS MANDATS REUNIS" confie le député.
Quand on lui fait remarquer qu'il est beaucoup moins présent dans sa circonscritpion depuis quelques temps, encore plus depuis son échec aux élections cantonales dans le canton d'Arpajon/Cère, Yves COUSSAIN en convient.
"Quand on devient député, on est tiraillé entre deux options : faire beaucoup de terrain et être près des gens dans sa circonscription, ce qui est indispensable, d'autant si on veut être réélu ; et d'autre part présent à Paris pour assurer son travail parlementaire, ce qui n'apporte d'ailleurs pas beaucoup de photos dans les journaux...Libéré du souci d'être réélu, j'ai le sentiment d'avoir fait plus au cours de ce mandat dans mon métier de député qu'au cours des trois mandats précédents. Il est donc exact que je sois moins présent dans ma circonscription depuis 4 ans et surtout depuis 2004, au profit de mon travail parlementaire à Paris où je passe 4 à 5 jours par semaine"; avoue Yves COUSSAIN.
il revient sur la "loi rurale" dont il a été le rapporteur et dont il suit la mise en oeuvre, sur sa participation à la conférence sur les services publics en milieur rural. Il explique qu'il va prendre pour quelques mois la présidence d'un groupe de travail de l'Assemblée Nationale sur les relations entre l'université et l'emploi. "Si on a obtenu une licence, en bio-informatique il y a deux ans à l'IUT d'Aurillac puis deux nouvelles licences cette année, dont une sur la valorisation des produits du terroir, je crois y être pour quelque chose" affirme le député, en se disant convaincu que le Cantal doit " développer sa matière grise".
"Je suis également impliqué dans la mise en place d'une UMT (unité mixte technologique) autour des unités d'enseignement et de recherche d'Aurillac. Nous avons encore vu le directeur de l'Enseignement et de la Recherche cette semaine à Paris, et les choses sont en bonne voie", dit-il, voyant dans cette UMT et dans les nouvelles formations le moyen de "valoriser les produits de notre activité principale que reste l'agriculture".
Yves COUSSAIN cite encore l'exemple de l'avion : " Jai joué tout mon rôle pour qu'on obtienne une augmentation de la participation de l'Etat au déficit de la ligne - on a d'ailleurs parlé d'un décret Aurillac - et qu'on puisse conserver notre ligne aérienne, même si on n'est pas au bout".
"Tout ce que j'ai fait ces dernières années, c'estvrai que je n'ai pas pris le temps de le faire savoir, mais après tout, ce qui compte, c'est de l'avoir fait", conclut le député.
Cette semaine encore, Yves COUSSAIN ne sera pas dans sa circonscription ; en tant que vice-président de la commission des affires économiques de l'Assemblée Nationale, le député Cantalien partait en Pologne dans le cadre d'une mission sur le thème de l'énergie et de l'environnement.
Pascal PIGANIOL - L'Union du Cantal 21 juin 2006
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